Test de Zombie Panic in Wonderland sur Nintendo Wii

Malgré son titre, le nom japonisant de son studio et l’ambiance du jeu mêlant Japon médiéval et films d’horreur, Zombie Panic in Wonderland n’est pas le dernier film de Takashi Miike ! On peut voir Zombie Panic comme une variation de Zombie BBQ, sorti sur NDS en 2008. Le studio Akaoni reprend en fait le staff de Gammick, le même éditeur EnjoyUp, et les bases du précédent jeu. Pour ceux connaissant déjà Zombie BBQ, comme pour les nouveaux venus, se pose l’inéluctable question : Zombie Panic vaut-il le coup de dépenser 10€ ?

Il était une fois un zombie que j’éventrais à la Gatling

Avant de répondre de façon lapidaire « oui : courez l’acheter » ou « non : oubliez cette daube« , examinons le contenu et les arguments de ce titre. L’histoire, racontée par une succession d’images fixes, est complètement dingo. Des héros de contes populaires (Blanche-Neige, Dorothy du Magicien d’Oz, Alice, le petit Chaperon Rouge et Momotarô, qui colle à l’ambiance du Japon médiéval) ont décidé d’en finir avec les zombies qui piétinent leurs univers respectifs. Quand en plus, des lutins puants s’en mêlent, on est aux anges.

Moi vois, moi tue !

Le WiiWare se paye le luxe de temps de chargements longuets avant de nous balancer dans une zone de combat. A la vue des décors et de la foule de monstres, on doit avouer que les temps de chargement sont au final justifiés. Première chose qui fâche : on se rend compte qu’il est impossible d’avancer comme on le voudrait. Les déplacements au Nunchuck se limitent à aller un coup à gauche ou à droite dans une surface très réduite. On se demande alors si on n’a pas affaire à un énième Rail-Shooter ? Que Nenni, on reste toujours dans le même tableau d’un stage. Les niveaux sont découpés en plusieurs tableaux qui se terminent une fois atteint le taux de monstres à tuer. En bon feignant, on a juste à attendre que les vagues successives d’ennemis viennent à notre portée. C’est tout con, il suffit de pointer la Wiimote à l’écran et de laisser le doigt sur la gâchette. Si la mitraillette dispose de munitions infinies, ce n’est pas le cas de celles récoltées durant les stages (lance-flammes, grenades). Ne me demandez pas ce que viennent faire des armes de guerre du XXème siècle au Japon médiéval… En tous les cas, les Boss sont un peu plus coriaces : il convient donc de leur réserver l’artillerie lourde.

Que la farce soit avec toi

Comment un jeu aussi simpliste et bourrin peut-il parvenir à séduire ? La force de Zombie Panic réside dans ses décors, les plus beaux disponibles à ce jour en WiiWare. Le premier décor nous met dans le bain : l’échoppe contient des objets loufoques tels qu’une pile de seaux ou un filet à papillons. On torpille joyeusement zombies et étalages, avant de voir, émerveillé, les murs s’effondrer. La profondeur de champs est alors impressionnante. La ville en proie aux flammes et aux zombies contraste fortement avec ce que nous avaient habitué les autres WiiWares. Comme les maisons abritent des munitions pour les armes lourdes, on les pilonne en continu. Si bien qu’en fin de tableau, il ne reste plus rien debout, juste une étendue vide à l’horizon embrumé. Le design des ennemis vaut aussi le coup d’œil, avec des zombies et des ninjas très « cartoon ». Le must reste la horde de sumos et les lutins bleus puants, cocasses ! Quand on les tue, on ne reçoit pas des gerbes de sang à l’écran mais… des cœurs ! Les Boss sont beaucoup plus sérieux et offrent de bons challenges. Leur design typiquement nippon évoque le meilleur d’Okami ou Muramasa. Je tiens à partager avec vous les Wallpapers disponibles ICI.

Tout est rose dans le pays de Oui-oui ?

Les principaux défauts du jeu viennent de son caractère répétitif et de sa faible durée de vie. Même à deux joueurs, on en a vite fait le tour. Et le fait de n’avoir qu’une ligne pour pouvoir se déplacer conduit à se faire toucher stupidement. A force de se croiser, on ne sait plus très bien qui contrôle qui, puisqu’on regarde surtout où sont les cibles à abattre. L’espace de nos protagonistes est aussi trop restreint au niveau de la visibilité : il est rageant de se prendre un projectile ennemi alors qu’il apparait au dernier moment sur la droite ou la gauche. Bref, j’aurai aimé avoir la possibilité de me mouvoir librement comme dans Zombie BBQ… chose qui est impossible sur WiiWare pour des raisons de capacités de mémoire. Malgré tout ses défauts, ce petit jeu à 10€ est un grand WiiWare qui mérite de faire parti de votre collection.