Test Luigi’s Mansion 2

Je ne sais pas si c’est cette relative virginité dans l’exercice de la suite qui rend ce Luigi’s Mansion 2 excellent, mais jamais je n’ai ressenti ce goût de déjà vu bien trop présent dans les sagas à rallonge de Nintendo. Pourtant, dans l’absolu, ce Luigi’s Mansion 2 ne diffère pas vraiment de son aïeul. Il y sera question d’un enlèvement, de fantômes à capturer, et d’ustensiles ayant peu évolué. Mais avant de faire mon aigri, concentrons-nous quelques secondes sur le pitch du jeu.

Après les premières aventures de Luigi dans un manoir hanté, le calme est revenu dans le monde des esprits. Le professeur Karl Tastroff, votre mentor du premier épisode, s’est vu propulsé sommité en matière de fantômes, et coule des jours paisibles dans son laboratoire de la vallée des ombres, entouré de multiples fantômes guillerets. Un sordide évènement va rendre les esprits teigneux et enragés et forcer le professeur à prendre ses jambes à son cou. Le roi des Boo (les fantômes de Mario Bros.), profite que la lune noire (qui apaise normalement les revenants) soit visible pour la fragmenter en six morceaux. Le professeur disposant d’un morceau, il lui faut un homme de main pour récupérer les cinq autres. Et c’est là que les aventures et les problèmes vont commencer pour Luigi…

Je ne suis pas un héros !

Tous les fans de Nintendo le savent, les frères Mario, c’est un peu le Yin et le Yang. D’un côté, on trouve Mario, combatif et peu enclin à la peur, et de l’autre, Luigi, bien moins courageux et préférant la sieste à l’aventure. Et pour le coup, le pauvre se retrouve pile poil au cœur de tout ce qu’il déteste ; chasse aux fantômes, dangers de mille sortes et frayeur à chaque coin de couloir ! Car, comme précédemment dit, il faudra que notre aventurier couard arpente les nombreux manoirs du jeu pour récupérer les cinq morceaux de la lune noire, et mettre ainsi fin à la flambée de violence embrasant le monde des revenants. Pour l’aider, le professeur Karl Tastroff lui a concocté différents instruments lui permettant d’interagir avec ses ennemis éthérés. Première arme, la DS. Alors que dans le premier épisode sorti sur GameCube, le professeur vous fournissait une Game Boy Horror, la DS en reprendra sensiblement les mêmes fonctions en vous servant à afficher la carte, les informations y étant liées, et à parler au professeur.

Dans votre équipement vous trouverez aussi la lampe torche servant à éblouir les fantômes pour pouvoir les capturer, et l’Ectoblast 5000 (grand frère de la précédente série 3000), vous permettant d’aspirer les fantômes une fois éblouis (oui, comme dans Ghostbusters !). C’est d’ailleurs ce que vous allez faire une bonne partie du temps. Trouver les fantômes (dans les pièces sombres sur la carte), puis les éblouir et les aspirer dans la foulée. Bien sûr, tous les fantômes comme les humains auront le bon goût de ne pas être tous égaux en droit, et en plus de leur points de vie qu’il faudra faire tomber à zéro pour les aspirer, certains utiliseront différents accessoires pour corser le tout. Bouclier les protégeant, lunettes de soleil pour ne pas craindre vos flashs, j’en passe et des meilleurs, corseront les affrontements. Mais heureusement, le jeu ne se cantonne pas à n’être qu’un simulateur de femme de ménage, mais propose très rapidement de faire travailler vos méninges.

Les énigmes du Professeur Luigi

Tout au long de votre aventure, et en traversant les cinq manoirs du jeu (se débloquant un à un en trouvant les fragments de la lune noire), vous devrez en plus des combats contre les esprits (vachement) frappeurs, résoudre certaines énigmes et surtout, fouiller chaque centimètre carré des demeures hantées. Pan d’une tapisserie pouvant être aspirée pour dévoiler une porte, ventilateur demandant à être soufflé pour déclencher un mécanisme, sont autant de jeux dans le jeu. Vous devrez, à titre d’exemple, aspirer un seau, le placer sous un écoulement d’eau pour le remplir, puis allez arroser une plante dans un jardin, avant de la flasher pour récupérer des pièces d’or.

Mais, ça, ce n’est que la partie visible de l’iceberg car vous devrez plus en avant dans vos aventures, vous servir du Révélau…révailos…et merde saleté de dyslexie, du Révéloscope, sorte d’upgrade ultra-violet pour votre lampe. Ce Révéloscope vous permettra, en éclairant certaines zones du décor, de faire apparaître en partie des mécanismes, coffres et autres, décors qui reprendront leur place dans le réel une fois des petites boules bleutées aspirées. Ces boules dont j’ai honteusement oublié le nom, ont été créées par les Boo, et rendent les objets visibles, invisibles. Autant dire que vous devrez rapidement jongler entre les fantômes, les énigmes et les objets invisibles tout en cherchant les morceaux de lune noire. Mais vous devrez aussi récupérer des gemmes et tout un tas de monnaie allant du billet de banque au lingot d’or pour booster la puissance de vos Ectoblast et Révéloscope (trois niveaux chacun). Sachez pour finir que le Révéloscope peut aussi faire apparaître des Boo (un par stage), Boo qui en étant tous récupérés dans un manoir, débloqueront un niveau bonus (par manoir). Hé oui, Luigi’s Mansion 2 c’est un peu comme Pec Citron « Quand il n’y en a plus, il y en a encore » !

C’est qui le boss ?

Mais que serait un jeu Nintendo sans un boss en bonne et due forme ? Et des boss, vous allez en croiser à chaque fin de niveau/manoir pour récupérer leur morceaux de lune noire. Et c’est là le seul reproche que je ferai à Nintendo concernant son Luigi’s Mansion 2, l’ordre des bad guy de fin de niveau, et non la difficulté à les battre. Pour faire simple, le premier boss est particulièrement ardu à vaincre, surtout quand on est en pleine phase d’assimilation de gameplay, alors que les suivants, sont vraiment basiques. Attention, basique ne veut pas dire indigne, mais quand même, on ne retrouve pas la subtilité proposée par le premier boss comparé aux suivants. Bon, on ne s’ennuie pas, mais pour conclure un niveau, on s’attend à autre chose qu’à combattre un faire-valoir pas vraiment compliqué à aspirer.

Que dire d’autre ? Que le jeu en plus de sa partie solo, vous permettra de partager avec trois autres joueurs, un mode compétitif en ligne (ou local), où vous devrez nettoyer ensemble, les étages d’une tour remplie de fantômes. Il faudra ici s’entraider tout en tentant d’aspirer plus de fantômes ou d’argent que vos petits copains pour le classement final. Le joueur le plus performant recevra alors une récompense plus ou moins honorifique allant d’un sobriquet résumant ses exploits, à un bonus de vie à utiliser dans l’étage qui suivra. Marrant même si les déconnexions intempestives assez courantes peuvent d’une seconde à l’autre vous virer d’une session, ou vous faire affronter un super fantôme à deux alors que vous aviez commencé votre conquête verticale en quatuor. Dommage.

Un nouvel incontournable

Nintendo avec ce Luigi’s Mansion 2 nous propose une nouvelle perle pour sa 3DS. Attention, le jeu ne sera peut-être pas aussi connu du quidam qu’un Mario Bros., ni n’entrera (à tort) dans les jeux mythiques de Nintendo, mais sa qualité générale en font un titre à part et rudement intelligent. Sorte de Zelda avec un aspirateur, ce jeu à tout pour lui. Maniabilité, graphismes (mis à part un aliasing un peu trop présent) et musiques en font un hit qui viendra garnir une collection déjà pas dégueu sur la dernière-née des consoles portables de Nintendo. Et très franchement, diriger ce gentil looser de Luigi qui a peur de son ombre apporte un vent de fraîcheur comparé à un Mario sûr de lui et quasi génocidaire pour tout ce qui est équipé d’une carapace ou d’un champignon.

Un peu moins de 8 heures de durée de vie pour celui qui fouille modérément les niveaux, bien plus pour les acharnés des recoins, le jeu est une petite pépite où la magie Nintendo opère à plein. En un mot, bon en fait non en plusieurs, vous jouez avec le sourire aux lèvres, sans chercher à highscorer comme un fou, mais juste en vous faisant plaisir tout simplement. Et vu les titres de plus en plus formatés que nous proposent les éditeurs de nos jours, c’est assez rare pour le souligner.