Test The Walking Dead : 400 Days

Emu comme jamais sans doute auparavant dans un jeu vidéo, on avait laissé les protagonistes de la première saison de The Walking Dead à la croisée des chemins. Au premier rang d’entre eux se trouvait bien évidemment, un petit bout d’humanité prénommé Clementine, plus important personnage de jeu vidéo créé depuis fort longtemps. Le tour de force de Telltale, outre de réinventer le jeu d’aventures, aura été de montrer de manière définitive la vacuité du discours mêlant polygones et émotion. Mais à la fin de cette première saison, plusieurs questions taraudaient déjà tous les esprits : comment poursuivre cette histoire sublimement bien racontée ? Comment retrouver ces incroyables moments de désemparement face à des choix cruciaux ? 400 Days ne répond à aucune de ces interrogations car tel n’est pas son but. Chargé de faire vaguement patienter les joueurs avant la saison 2, il ne peut se voir que comme un prologue ou un épisode 0.

Rompant avec la narration linéaire de la saison 1, The Walking Dead 400 Days mise sur un scénario mosaïque, à la manière d’un film choral. Chacun des cinq personnages est présenté séparément dans des scènes s’étalant sur les 400 jours du titre, période consécutive au déclenchement de l’épidémie. Du fait du format très resserré de chacune de ces introductions, Telltale montre un sens de l’ellipse narrative qu’on ne lui connaissait pas encore. Par contre, on retrouve tout le talent pour poser un personnage en très peu de temps et avec lui tous les enjeux qui lui sont rattachés. Malheureusement, ça ne suffit pas à les rendre tous d’un intérêt égal. On ressortira de cette galerie de persos essentiellement Russel, le jeune garçon seul partant rejoindre sa grand-mère et Shel, en charge de sa petite sœur au sein d’une micro communauté. Le maillon faible du casting se trouve être Bonnie, ex junkie sans grand intérêt scénaristique pour le moment.

Bien évidemment, on ne vous révélera rien des aventures que vont vivre chacun de ces personnages ni du lien les unissant mais sachez que pour certains d’entre eux, vous serez de nouveau placés face à des choix difficiles. Toutefois, à l’exception du cas de Shel, sans la présence de Clementine, ces choix sont moins porteurs de sens car là où la petite fille vous rappelait qu’une petite étoile d’humanité brillait dans ce monde de cauchemar, vous êtes ici seul face à vos décisions. De plus, le peu de temps passé avec les autres personnages minore énormément tout sentiment d’empathie qui pourrait vous habiter. Très logiquement, on est loin des déchirements de la conclusion de la première saison ou des chocs de son troisième épisode. La seule exception, comme cité précédemment, est le cas de Shel et du choix impossible qu’elle va devoir effectuer. Non seulement elle n’a pas de bonne réponse à donner mais, de plus, ses actions sont jaugées par sa petite sœur. Voilà qui se rapproche beaucoup de la relation entre Lee et Clementine sans toutefois tomber dans la simple copie.

Pour éviter l’écueil de la redite, Telltale a également ajouté quelques séquences d’action comme on avait pu en vivre lors de la première saison. Vous devrez donc, entre autres, aider un blessé, vous cacher ou encore tirer sur un véhicule vous poursuivant. Cela a le mérite de varier les plaisirs et, même si ces phases sont courtes, d’apporter un peu de tension. Là où Telltale ne varie guère, en fait, c’est dans l’excellence de la bande-son. Que ce soit dans les musiques toujours aussi sublimes ou dans le doublage des personnages, le travail effectué force le respect. On critiquera simplement un ou deux zombies ayant tendance à surjouer quelque peu (oui, un zombie peut en faire un peu trop !). Et pour rester dans le domaine des regrets, si les sous-titres sont bien disponibles en français, ils comportent plusieurs fautes d’orthographe assez grossières. Dommage…

The Walking Dead 400 Days est court et ne peut prétendre rivaliser avec un des volets de la première saison. On ne sait pas encore si on retrouvera l’intégralité de ses personnages au casting de la seconde saison mais à 5€, difficile de passer à côté si, comme moi, vous avez adoré le jeu de Telltale l’année dernière.

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